
Qui n'a jamais eu affaire à cette question durant de longs repas familiaux ?!?
Vous vous efforcez donc de répondre que vous travaillez dans une agence web.
Dans 90% des cas, survient alors la remarque fatale :
" C'est vrai ? Ah cool, ça tombe bien, j'ai justement un problème avec ma livebox..."
Bon à ce moment là, vous gardez votre calme, et vous reprenez de la purée avec votre poulet.
Pour les 10% restants, vous leur expliquez que votre travail intervient principalement en amont, sur la partie conception d'un site web.
A cet instant, une seconde question imparable arrive : "Mais en fait, c'est quoi ton poste ?"
Vous ravalez votre salive, vous respirez, et fébrilement un son sort de votre bouche : "...concepteur ergonome".
Oui concepteur ergonome, c'est l'intitulé de ma fiche de paie. Sauf que celui-ci ne me convient pas vraiment.
En effet, n'est pas ergonome qui veut ! Il faut avant tout connaître et avoir étudié les sciences cognitives, les facteurs humains... afin de mener des tests-utilisateurs, des études sur les interfaces ou d'ailleurs sur d'autres environnements.
Dans ce domaine, on pourrait citer les 2 fameux chercheurs français : Bastien & Scapin qui ont introduit de nouvelles notions avec leur évaluations heuristiques.
Et pour le terme "concepteur", je dois avouer que le concept arrive tout chaud sur ma table en même temps que le projet. Il a été affuté par le planneur ou le directeur clientèle.
Je m'étais donc orienté vers l'expression "architecte de l'information".
Si je reprends la définition du petit dictionnaire numérique (que je vous recommande), l'architecte de l'information est le "responsable de la structure et de la terminologie du contenu d'un site web ou d'une application". Concrètement, il doit positionner LA bonne information AU bon endroit.
Vous l'aurez donc compris, il s'agit avant tout d'un métier à forte valeur éditoriale, et qui à mon sens recherche plutôt les profils littéraires. Sans vous mentir, ce n'est pas réellement mon cas.
Pour la petite histoire, c'est Peter Morville qui a introduit ce terme, et qui se présente comme le roi de cette discipline dans son ouvrage : Le Polar bear.
Bon, définition suivante, qui apparait de plus en plus : le métier de "designer d'interface". Le design d’interface vise à optimiser les qualités graphiques, ergonomiques et technologiques d’une interface. Il participe à garantir la satisfaction d’un utilisateur lors de l’usage d’un produit ou d’un service. (source Use Design)
A noter que ce métier se rapproche ostensiblement du "designer d'interaction". Ce dernier sera garant du comportement d'un produit. Il devra donc s'appuyer sur l'architecture, l'interface, et le design. Cette dernière définition s'adapte assez bien à mes activités. Mais son aspect cinématique est trop restrictif et limite les champs d'activités.
C'est pour ces raisons que je préfère la notion de Désigner d'expérience utilisateur (ou User Experience Designer pour les anglophones). Cette notion (trop vague) qualifie la relation existante entre un utilisateur et un service.
Pour James Jesse Garett, les 5 composants de l'expérience utilisateur sont :
- la stratégie
- le périmètre
- la structure
- le squelette
- la surface
Il s'agit là d'une notion bien plus globale mais qui permet de définir plus précisément l'ensemble de mes activités.
Ce domaine de la conception est vraiment en train d'éclore jour après jour. Il y a tellement d'autres métiers qui s'interfacent aisément, cohabitent de façon transverses et qui dépendent également de la structure professionnelle : planneur digital, designer d'interface, chef de projet, consultant en utilisabilité, consultant fonctionnel, ...
Si vous avez des précisions à m'apporter, n'hésiter pas à me contacter pour que je corrige et affine cet article.