
70 % de mon travail consiste à concevoir et réaliser les prototypes pour des sites web, intranets, applications, ...
Concrètement, je modélise les wireframes, je les anime (scénario + storyboard) et je les spécifie. Tout ceci dans un seul et même logiciel : Axure. (Je ne rentrerai pas dans la gueguerre des logiciels à utiliser ou pas. Ce n'est pas le but de cet article).
Au final, nous obtenons un prototype, c'est à dire une maquette cliquable à destination du :
- client, pour qu'il valide le parcours utilisateur, le système de navigation, les zones d'interaction, ...
- graphiste, pour qu'il représente les templates, les éléments graphiques, ...
- développeur, pour qu'il comprenne les particularités du projet, les fonctionnalités, ...
- chef de projet, pour qu'il ait un document référent surlequel s'appuyer,
Bref le bonheur parfait : un document unique et fédérateur qui sert de base à tous les intervenants du projet. Enfin ça c'est ce que je pensais en débutant dans ce secteur.
Après avoir lu un article de Superfiction sur les 3 raisons de ne pas utiliser un outil de prototypage, et plusieurs expériences douloureuses, je vous présente les principaux risques de ces logiciels/outils :
- on passe beaucoup trop de temps à modéliser des pages. Au final, notre wireframe se transforme quasiment en une création
- De ce fait, on risque de tromper le client, et de frustrer les graphistes/DA.
- En plus, on se concentrant trop sur la forme, on en oublie le fond... Or vous savez tous qu'un bon projet se focalise sur ses utilisateurs finaux, et sur le contenu/service à proposer. Par conséquent, on a trop souvent tendance à créer des pages pleines de lorem ipsum, qui n'apportent aucune information, et laissent les développeurs dans le flou complet sur le type de contenu à afficher.
- ces outils reposent sur des bibliothèques de patterns qui (même si on optimise en factorisant) orientent fatalement la technique,
- Ensuite, comme on le voit dans l'article de Superfiction, ces outils ne sont pas adaptés aux nouveautés (RIA/RDA),
- et surtout on oublie de passer par l'étape papier/crayon (appelée "le paper prototyping") qui permet d'être créatif, collaboratif, et de bien poser à plat toutes les aspérités du projet.
Il s'agît bien sûr d'un liste de risques ! N'allez pas croire que je n'aime pas ce genre d'outils ! Bien au contraire, on augmente clairement la productivité si on les utilise à bon escient.
D'ailleurs, ça me permet de vous annoncer l'arrivée du livre de Todd Zaki Warfel dédié au prototypage chez Rosenfeld Média.